Publié : 25 février 2013
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Éditorial n°1

Suzette Bloch est journaliste à l’A.F.P., chargée du Sénat, et petite-fille de Marc Bloch.

L’Édito de Suzette Bloch

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Je suis vraiment très honorée d’écrire l’éditorial du premier numéro de votre journal. D’abord parce que je suis journaliste. C’est toujours très émouvant de participer à la naissance d’un journal même tout petit. Certains trouveront peut-être cette aventure si passionnante qu’ils voudront en faire leur métier et rejoindre l’ours de grands quotidiens ou hebdomadaires, enfin je l’espère. Eh oui un ours, non, pas celui du Pôle Nord, un autre, membre de la tribu du jargon des journalistes. Je ne vous dirai pas ce que cela veut dire. Cherchez, tirez le fil et vous déroulerez une pelote pleine de surprises, celle du monde de l’information, du monde des médias auquel participe désormais ce journal. Emparez vous de lui et faites en votre porte-parole, votre confesseur, votre exutoire, votre témoin, votre laboratoire, racontez-y , criez-y, dessinez-y !

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Un journal, c’est un voyage en terre de rencontres qui peut vous entraîner plus loin que vous n’imaginez car son moteur, la curiosité, est inaltérable. Il constitue aussi une des pièces du grand puzzle de la démocratie. Être informé donne la liberté de ses choix, savoir transmettre une information peut devenir une passion.

Bon, là, je commence à devenir ennuyeuse, j’arrête. Je cherche juste à vous aguicher, vous inciter à mettre votre nez dans cette nouvelle feuille de chou et l’humer. Tiens, après l’ours, le chou ! A défaut de boutique naturaliste, Il vous faudra ouvrir une rubrique “glossaire”. J’ai bourlingué à travers les continents grâce à ce métier. Comme reporter à l’Agence France Presse j’ai “couvert” entre autre la guerre en ex-Yougoslavie, la chute du mur de Berlin, la répression des étudiants de la place Tien An Men à Pékin, de terribles catastrophes comme les tremblements de terre d’Arménie et d’Iran... aujourd’hui je suis la politique française et au parlement la fabrication des lois, je pourrais vous en parler des heures et des heures.

Deuxième raison du plaisir de pouvoir m’exprimer dans votre journal, je fais un peu partie de votre famille. Je porte le même nom que votre lycée, normal, c’est celui de mon grand-père, le célèbre historien et résistant Marc Bloch. Deux de vos professeurs Pascal Jeanne et Bernard Chambré ont organisé il y a un an un colloque pour vous faire découvrir ce grand homme. Je vous livre une de ses phrases où il explique ce qu’est l’histoire. “L’objet de l’histoire est par nature l’homme. Disons mieux : les hommes. Derrière les traits sensibles du paysage, les outils ou les machines, derrière les écrits en apparence les plus glacés et les institutions en apparence les plus complètement détachées de ceux qui les ont établies, ce sont les hommes que l’histoire veut saisir. Qui n’y parvient pas, ne sera jamais, au mieux qu’un manœuvre de l’érudition. Le bon historien, lui, ressemble à l’ordre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sais que là est son gibier”. (extrait d’Apologie pour l’histoire ou métier d’historien).

Lors de ce colloque j’ai fait la connaissance de votre établissement et de quelques uns de ses membres. Tout m’a plu, les interventions scientifiques, celles des lycéens, les illustrations, les locaux, les concours de version latine, la cantine, bref l’énergie qui s’en dégageait. Et me voici de retour, un an après, avec plaisir.

Suzette Bloch