Publié : 17 juillet 2013
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Crash de l’avion de ligne supersonique Concorde

Le transport aérien est un des modes de transport les plus sûrs, mais à chaque accident les médias en font les gros titres. Le crash mortel du Concorde en 2000 n’a pas échappé à la règle, à juste titre.


 Crash de l’avion de ligne supersonique.

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 (Décollage du concorde a l’aéroport International Kansai en 1994.Spaceaero2 )


Qu’est ce que le Concorde ?


Le Concorde est un avion de ligne supersonique construit dans les années 1960 par l’association de Sud-Aviation (Aerospatiale puis EADS) et British Aircraft Corporation.
Il pouvait transporter entre 100 et 144 passagers à une vitesse de croisière de 2.200 km/h à 15-18km d’altitude.

Un accident ?


- Le 25 juillet 2000, Le F-BTSC(Concorde) du vol 4590 Air France, à destination de New York, avec des passagers en majorité de nationalité allemande, décolle de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle.


L’accident fait suite à une collision entre le pneu avant droit du train principal gauche et une lamelle métallique en titane perdue par un avion ayant précédé Concorde au décollage, un DC-10 de Continental Airlines.


Détails de l’accident :

  • Le pneu passe sur la lamelle métallique, il est largement entaillé et éclate.
  • Un morceau de pneumatique d’environ 4,5 kg est projeté en direction de l’aile à la vitesse de l’avion, environ 330 km/h à ce moment précis.
  • Le violent contact du morceau de pneu sur les réservoirs pleins produit une onde de choc, appelée coup de bélier hydrodynamique, qui fait éclater de l’intérieur une partie du réservoir de carburant no 5.
  • Une importante quantité de carburant se met à fuir, près de 75 litres par seconde. Par ailleurs, un autre morceau de pneumatique endommage le circuit électrique dans le puits de train principal gauche.
  • Le carburant s’échappant du réservoir s’enflamme, soit par contact avec les flammes de la réchauffe (post-combustion) dans une zone d’écoulement tourbillonnaire, soit à la suite d’une étincelle émanant du circuit électrique endommagé dans le puits de train.
  • Les moteurs 2 puis 1 perdent rapidement de la puissance suite à un phénomène de pompage (décrochage aérodynamique dû à l’ingestion de gaz chauds).
  • L’équipage coupe le moteur numéro 2, le moteur 1 ne délivre plus qu’une puissance équivalente à celle du régime de ralenti. Le Concorde vole pendant environ 30 secondes à une altitude d’environ 60 mètres.
  • Pour contrer la dissymétrie de poussée trop importante, l’équipage se voit contraint de réduire volontairement le régime des moteurs 3 et 4 (moteurs droits).
  • Avec une poussée très réduite et dissymétrique, sans possibilité de mise en descente pour compenser le manque de vitesse, le Concorde vire brièvement sur l’aile gauche puis s’écrase au sol, une minute et vingt-huit secondes après son décollage
 


 (La reconstitution du crash)


Le procès


12 longues années après, le procès arrive à sa fin :

  • 225 000 d’euros d’amende contre Continental Airlines.
  • Le ministère public a requis la relaxe de deux employés de Continental Airlines : John Taylor, 44 ans, un chaudronnier condamné en 2010 à 15 mois de prison avec sursis pour avoir mal fabriqué et fixé la lamelle, et son chef d’équipe Stanley Ford, 73 ans, qui avait été relaxé. 
  • En ce qui concerne les responsabilités françaises, le ministère public a requis 18 mois de prison avec sursis contre Claude Frantzen, 75 ans, ancien responsable de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), autorité en charge de la sécurité aérienne. Il avait été relaxé en première instance. Le parquet général lui a reproché d’être "resté pendant 15 ans aveugle et sourd" aux incidents ayant "émaillé la vie de l’appareil" et de ne pas avoir imposé aux constructeurs de remédier aux faiblesses de l’appareil.

Car avant ce premier accident mortel en 24 ans d’exploitation, le Concorde avait connu plusieurs incidents de pneus, dont un grave à Washington en 1979. Des mesures avaient alors été prises pour renforcer les pneus, mais l’idée d’un renforcement des réservoirs avait été abandonnée. Elle ne sera mise en oeuvre qu’après l’accident de Gonesse, pour la reprise temporaire des vols, avant leur arrêt définitif en 2003.  


 "Vidéo crash du Concorde"


CHAP Kim-Laurent (507)